Référent harcèlement sexuel en entreprise : pourquoi la désignation ne suffit pas
- AFS Prévention

- il y a 3 jours
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Désigner un référent harcèlement sexuel répond à une obligation légale. Lui permettre d'exercer cette mission dans de bonnes conditions relève d'un choix de management.
Ces deux actes n'ont rien à voir l'un avec l'autre.
La prévention de la santé mentale au travail constitue aujourd'hui une priorité nationale.
Dans ce cadre, la lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes occupe une place centrale, aussi bien pour les pouvoirs publics que pour les entreprises qui prennent réellement leurs responsabilités.
La loi a posé un cadre et elle a créé une fonction mais elle n'a pas résolu le problème de fond.
Nommer une personne au poste de référent harcèlement sexuel dans votre structure représente une première étape. Lui donner les moyens concrets d'exercer ce rôle sensible, c'est une autre affaire.
Ce que la loi impose aux entreprises et aux CSE
Depuis le 1er janvier 2019, deux obligations distinctes coexistent dans le Code du travail français.
1ere obligation: Le référent désigné par l'employeur
Toute entreprise d'au moins 250 salariés doit désigner un référent chargé d'orienter, d'informer et d'accompagner les salariés en matière de lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes. Dans la pratique, la direction désigne souvent un membre de l'équipe RH pour exercer cette mission. Rien n'empêche les structures plus petites d'adopter ce même dispositif : la taille de l'entreprise ne change pas la réalité des risques.
2eme obligation: Le référent désigné par le CSE
Du côté de la représentation du personnel, l'obligation est encore plus large. Tout CSE, quelle que soit la taille de l'entreprise, doit désigner parmi ses membres un référent en matière de lutte contre le harcèlement sexuel et des agissements sexistes.
Cette désignation s'effectue par résolution à la majorité des membres présents, pour une durée alignée sur celle des mandats. Le référent peut être titulaire ou suppléant.
En résumé:
À partir de 11 salariés, un CSE existe et un référent harcèlement doit y être désigné. À partir de 250 salariés, un second référent s'ajoute côté employeur. Ces deux personnes travaillent en coordination étroite, pas en parallèle.
Ce que la fonction exige réellement sur le terrain
Le référent harcèlement sexuel reçoit des signalements, les analyse, conseille les personnes concernées et formule des propositions pour régulariser une situation. Il restitue ses conclusions au CSE et travaille main dans la main avec son homologue de l’entreprise, selon sa position dans l'organisation.
Trois qualités s'imposent pour exercer ce rôle de référent correctement :
- une discrétion absolue,
- une garantie de confidentialité des informations recueillies,
- une posture d'analyse rigoureuse maintenant un esprit critique face aux signalements.
Un signalement n'est pas une preuve. Un silence non plus.Les situations portées à la connaissance d'un référent sont rarement simples.
Elles peuvent relever de faits avérés, de malentendus, d'interprétations exacerbées, de sous-estimations, ou parfois de dénonciations motivées par des raisons étrangères aux faits.
Savoir accueillir sans juger, tout en analysant sans naïveté, demande une préparation spécifique.
Lors d'une session de formation animée par AFS Prévention, un élu du CSE, désigné référent harcèlement par ses collègues, était le seul homme présent dans le groupe.
Au moment du tour de table, après que plusieurs participantes eurent évoqué leurs propres expériences de comportements déplacés au travail, cet homme a pris la parole à son tour.
Il avait lui-même été victime de gestes à caractère sexuel de la part de sa supérieure hiérarchique. L'émotion était toujours là, visible, bien réelle.
Ce témoignage rappelle ce que les chiffres confirment déjà : personne n'est à l'abri, et le harcèlement sexuel n'a ni profil type, ni victime type.
Un référent qui n'a pas été préparé à recevoir ce type de situation réagit avec ses propres filtres et ses propres représentations. Ce qui peut aggraver la situation plutôt que la résoudre.
Le binôme femme-homme : une approche qui renforce l'objectivité
Certaines entreprises et certains CSE désignent deux référents plutôt qu'un : une femme et un homme, pour constituer un binôme complémentaire.
Les avantages sont concrets. Les personnes qui souhaitent signaler une situation choisissent l'interlocuteur avec lequel elles se sentent le plus à l'aise. Deux regards différents sur un même dossier permettent d'affiner l'analyse et d'aboutir à des conclusions plus objectives.
Certains CSE vont encore plus loin en formant l'ensemble de leurs élus, pour que chacun exerce une vigilance active au quotidien.
Cette pratique reste encore trop peu répandue, alors qu'elle renforce durablement la crédibilité et l'efficacité du dispositif de prévention du harcèlement sexuel dans l'entreprise.
Une formation pensée pour rendre les référents opérationnels
La formation proposée par AFS Prévention s'adresse aux référents désignés par l'employeur comme par le CSE. Elle dure une journée complète (7 heures) (lien vers le programme) et poursuit un objectif précis : chaque participant repart avec une procédure de gestion des signalements construite, documentée et prête à être activée si la situation se présente.
Ce que cette formation apporte concrètement :
Maîtriser les définitions légales du harcèlement sexuel et des agissements sexistes pour savoir caractériser un acte
Adopter la posture juste pour accueillir un signalement avec discrétion et sans biais
Conduire une analyse rigoureuse avec esprit critique et sans a priori
Coordonner efficacement l'action entre le référent entreprise et le référent CSE
Repartir avec une procédure de signalement construite, documentée et activable
Au-delà de la journée de formation, AFS Prévention offre 6 mois d'assistance post-formation gratuite ( lien vers la page accompagnement).
Cet accompagnement s'adresse aux participants, mais aussi à leurs directions : pour répondre à une question qui surgit sur le terrain, affiner l'analyse d'une situation délicate, ou obtenir un conseil en santé-sécurité au travail.
Formation référent harcèlement sexuel en Auvergne : toutes les structures sont concernées
Les PME et ETI d'Auvergne sont pleinement soumises à ces obligations, au même titre que les grandes entreprises. Le tissu économique de Clermont-Ferrand, du Puy-de-Dôme et plus largement de la région Auvergne-Rhône-Alpes regroupe des entreprises industrielles, de services et des structures publiques dont les CSE doivent disposer d'un référent formé, quelle que soit leur taille.
La réalité de terrain montre pourtant que de nombreux référents désignés dans les entreprises auvergnates n'ont jamais bénéficié d'une formation dédiée.
Certains ignorent les définitions légales précises du harcèlement sexuel et des agissements sexistes. D'autres ne disposent d'aucune procédure écrite à activer en cas de signalement. C'est exactement ce vide qu'AFS Prévention comble, avec une approche ancrée dans la réalité des organisations de la région.
La formation est organisable en intra-entreprise sur tout le territoire auvergnat, ce qui permet d'adapter le calendrier aux contraintes des équipes et d'impliquer, si besoin, l'ensemble des élus du CSE dans la même session.
En résumé
L'obligation légale pousse à désigner un référent harcèlement sexuel. La responsabilité managériale pousse à le former correctement.
Ces deux impératifs n'ont pas la même source, mais ils poursuivent le même objectif : protéger les personnes et sécuriser l'entreprise.
Un référent mal préparé représente un risque, pas une garantie. Former un binôme femme-homme, c'est aller encore plus loin dans la qualité du dispositif de prévention.
Pour découvrir le contenu détaillé et les modalités pratiques de la formation, consultez la page formation d'AFS Prévention. Le programme complet est disponible en téléchargement.




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